qu'il était possible de mettre facilement fin à tout ça ?
J'adore conduire. Ca me déstresse, ça me détend. Ayant 4h de route à faire pour rentrer chez moi, je suis habituée des longs voyages en solitaire. Je mets la musique et c'est parti ! Juste une pause toilettes à mi chemin. Je pourrais trouver ça long, je pourrais m'ennuyer. Mais non. J'aime voir défiler les paysages tout en refaisant le monde. La seule chose qui pourrait être embarrassante c'est mon attirance pour la vitesse. J'ignore les limitations, je fuis les représentants de l'ordre. J'aime le bruit du moteur quand je lance ma voiture ; j'aime mettre 10 mètres dans la vue de la voiture qui me suit à la sortie d'un rond point ; j'aime voir la tête de ceux que je double quand ils s'aperçoivent que je porte le A ; j'aime les imaginer dire « ah la la, les jeunes c'est plus ce que c'était. » Mais par-dessus tout, j'aime la sensation que me procure l'accélération. J'appuie de plus en plus fort sur l'accélérateur, je passe les vitesses une par une, l'aiguille traverse le cadran sur mon tableau de bord et moi je me saoule à la vitesse. Je jouis de cette impression de pouvoir choisir la poursuite de ma vie. Continuer d'accélérer, risquer de se prendre le premier arbre venu, risquer de louper le virage suivant, ou relever le pied et redescendre sur terre ? C'est tellement jouissif de savoir que notre vie nous appartient, qu'elle dépend d'un seul choix. Un seul. On pèse le pour et le contre ; on se rend compte qu'on a encore pas mal de choses à vivre et que tout peut enfin changer ; on finit par choisir de reprendre une allure correcte. Mais la prochaine fois fera-t-on le même choix ? Fera-t-on le bon choix ? D'ailleurs quel est le bon choix ?

